TERRE D’ASILE ?

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Atitre d’exemples :
 
1)     le protocole sur les stupéfiants qui met en avant la dénonciation du patient détenteur de produits illicites (Cette mesure est-elle à visée thérapeutique ou aide-t-elle plutôt à remplir les statistiques nationales sur la délinquance ? Est-il dans notre rôle de permettre à la police de passer les menottes au patient, ce dernier à peine sorti de son séjour au CPN ?
 
2)     l’interdiction de fumer dans l’établissement avec inscription envisagée dans un proche avenir au Réseau Hôpital Sans Tabac (on apprend entre autres dans le Comité de Lutte et de Prévention du Tabagisme, que l’Hôpital Ste Anne est cité en exemple avec pourtant ses dérives inquiétantes : suppression totale des salles fumeurs, sorties programmées et impératives pour les patients fumeurs,  « patch » imposé aux patients placés en isolement ou en HO…)
La mise en place de mesures nationales sanitaires incontestables en ce domaine ne doivent en aucun cas servir à affaiblir un peu plus l’équilibre de nos patients hospitalisés en psychiatrie.
La CGT ne peut que regretter la fin programmée de l’expérience des abris fumeurs fermés (sur les modèles de l’Unité 4RDC et de l’ENVOL) aux seuls motifs qu’ils seraient coûteux et peu sécurisants.
Mettre la priorité sur l’aide au sevrage tabagique est tout à fait louable mais ne peut se concevoir comme la seule alternative laissée au patient !
 
3)     L’information donnée par la Direction, sur demande des forces de l’ordre, de la présence à l’hôpital de personnes recherchées par la police (situation irrégulière,..)
Même si les choses sont soi-disant « posées », qu’il a été rappelé en CTE que les agents n’avaient en aucun cas à répondre aux injonctions des représentants de l’ordre et devaient renvoyer toute demande vers la Cellule Gestion des Risques, nous tenons quand même à faire part de notre indignation lorsque la Direction nous répond qu’  « elle fera ce qu’on lui demande dans les limites de la loi. »
 


Dans un contexte où le tout sécuritaire est le leitmotiv de notre Président de la République (lire le discours de M SARKOZY à ANTONY le 2 décembre 2008 et les réactions qui ont suivi, notamment l’article des Docteurs Guy BAILLON et Dimitri KARAVOKYROS, ainsi que la motion adoptée par le Conseil d’Administration du CPN (à l’initiative de la CGT), la CGT soutient au contraire que les droits des patients doivent être préservés.
 
Nous ne pouvons qu’être inquiets à l’attente de la prochaine réforme des hospitalisations sous contrainte et appelons le personnel à être vigilants sur ce que la Direction et le Gouvernement lui demanderont d’appliquer.
 
C’est dans ce sens qu’une motion intersyndicale a été faite à la CME du 28 mai 2009**
 
 
Il est de notre devoir de réaffirmer que la mission du soignant est avant tout le soin !
 
 
Espérons pouvoir encore longtemps être fiers que le terme « asile » soit utilisé pour parler du CPN !!!
 
 
 
 
**Motion Commune à l’Intention des Membres de La Commission Médicale d’Etablissement et du corps médical du CPN.
 
 
 
Le contenu de notre travail, passe pour l’essentiel par la construction relationnelle que l’on établit avec le patient. C’est une exigence. Pour mener à bien les prises en charge de qualité que nos patients sont en droits d’attendre dans notre établissement, nous avons besoin de personnel. La relation de sécurité et de confiance qui se joue autour du malade est l’affaire de toutes les catégories professionnelles, elles concourent à sa prise en charge globale dans un espace de respect et de confort. C’est pourquoi les Organisations Syndicales se sont engagées avec les salariés du CPN dans une campagne de création de postes.
De plus, l’inquiétude grandissante du tout sécuritaire dans de nombreuses institutions psychiatriques et autres, nous amène à être vigilants sur certaines dérives qui remettent en cause les libertés individuelles et le respect de la personne. Ces remarques nous imposent, à nous professionnels de la santé mentale d’être les garants des droits fondamentaux des individus et plus particulièrement ceux qui sont les plus démunis.
Nous appelons l’ensemble du personnel à créer une solidarité interprofessionnelle.
C’est à travers ce message que nous vous sollicitons, vous les psychiatres, à vous positionner dans notre démarche de création de poste.
Laxou, le 25 mai 2009.