Nouveaux principes démocratiques au CPN Réponse édito CPN Infos d’avril 2016

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Pourtant, dans le même temps, face à cette injonction qui n’invite pas vraiment à l’apaisement, les relais de la Direction dans les services du PGN nous rappelaient lors d’une réunion consensuelle qu’aucune pression n’était utilisée sur les agents du CPN pour les accommoder aux changements à venir. Ceci avec un ton de circonstance qui résonne encore aujourd’hui de toute la bienveillance requise … !
Seulement voilà, d’après les définitions de la langue française, nous sommes du coup confrontés à une contradiction : la pression est un synonyme de contrainte.
 
Cependant, après nous avoir expliqué que les agents du CPN étaient libres de venir frapper à la porte du bureau de l’encadrement, on nous expliquait en même temps  que la résistance au changement apportait de la souffrance et que l’adaptabilité était source d’apaisement, de bonheur à venir.
Et quel changement ?
Aujourd’hui le changement au CPN, c’est :

  • la fermeture des lits,
  • la réduction du personnel,
  • une augmentation des signalements de violence et des surnuméraires patients,
  • la fermeture de structures sans raison sérieuse et justifiée,
  • la modification autoritaire et brutale de projets médicaux et de services qui oblige les agents à repostuler sur leur poste ou à être affecté en « bouche-trous » à la suppléance
  • l’aménagement des horaires au plus arrangeant pour la direction au détriment des soignants
  • des vacances réduites
  • la non reconnaissance du travail accompli et des efforts fournis
  • l’émergence des structures privées de soins psy a but lucratif
  • l’investissement aveugle dans le BTP pour satisfaire les ambitions financières des grands groupes capitalistes.
  • la création imminente des GHT avec encore plus de réductions des moyens,
  • le management par la douleur, par les intimidations, la culpabilisation, …
Affirmer que la résistance à ces changements est une source de souffrance ?
On peut qu’être d’accord.
Que les personnels souffrent en constatant chaque jour les dégradations de l’offre de soins et de leurs conditions de travail, en vivant une réelle perte de sens face à ce qu’on leur demande de faire désormais ?
On peut le comprendre aisément.
Que ce même personnel soit soumis sans arrêt aux tentatives d’intimidations dés qu’il exprime une idée différente pour ouvrir le dialogue afin de progresser dans la qualité des soins, on ne peut que le déplorer et le dénoncer avec force !
La Direction souffre certainement moins : elle n’a pas opposé de résistance aux directives de l’ARS, elle a fait preuve d’adaptabilité, elle a accepté en effet l’idée de baisser l’offre de soins du service public, de participer à la création d’un GHT polyvalent placé sous l’égide du CHU de NANCY, elle a accepté de collaborer avec les cliniques privées pour marchandiser la santé mentale.
La Direction est fière même de ces orientations, elle l’explique et défend clairement sa position en première page du journal CPN Infos.
 
En des temps obscurs pas si lointains, des résistants ont souffert : ils ont été considérés comme des traitres, on les a intimidés, maltraités, persécutés.
Ceux qui se sont montrés plus complaisants en acceptant la pensée du moment s’en sont dans un premier temps mieux sortis mais ils ont ainsi fait le lit des idées fascisantes de l’époque.
A méditer.
 
La CGT du CPN ne s’associera jamais avec ces soi-disant valeurs républicaines qui prônent l’adaptabilité, l’acceptation et qui encouragent les individus à se plier aux orientations libérales qui visent à détruire le service public de santé et augmenter encore plus les inégalités.
Défendons ce service public de santé qui s’est constitué grâce à la victoire de la résistance sur les fondements fascistes de la pensée unique.
Chérissons cette Sécurité Sociale et ce système unique de protection sociale mis en place par le Conseil National de la Résistance en 1946.
Voilà nos valeurs !