CONSEIL SUPERIEUR DE LA FONCTION PUBLIQUE HOSPITALIERE DU 3 FEVRIER 2011 DECLARATION DE LA CGT

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Dans l’unité, nous avons été des centaines de milliers de jeunes, salariés, retraités, dans les établissements et dans la rue à exprimer le rejet de la réforme des retraites et à revendiquer une réforme plus juste et plus solidaire.
L’augmentation de nos salaires et de nos pensions est une urgence.
 
Elle est vitale pour nombre agents qui n’arrivent plus à faire face aux dépenses de la vie courante. Elle est aussi le garant d’une juste reconnaissance de nos qualifications.
Dans la Fonction Publique Hospitalière, l’augmentation de 0,5 % en juillet 2010 est dérisoire.
D’autant qu’il y a diminution du pouvoir d’achat de près de 8%, et une diminution salariale liée à l’augmentation de la cotisation retraite.
Selon une enquête IFOP de novembre 2010, les salaires seraient redevenus la première préoccupation des fonctionnaires/agents publics.
Les organisations syndicales de la Fonction Publique, CGT, CFDT, CFTC, FSU, SOLIDAIRE, UNSA, CGC-CFE, ont lancé une campagne unitaire, pour obtenir l’augmentation du point d’indice et le rattrapage des pertes accumulées depuis 2000.
Nous voulons, en 2011, de réelles augmentations des salaires et des pensions pour compenser les pertes du pouvoir d’achat.
L’emploi qualifié doit aussi être une priorité. Nos secteurs de la santé, du social et du médico-social manquent cruellement d’emplois qualifiés pour faire face aux besoins de la population.
Une pénurie de personnel qualifié a été organisée dans le cadre de réductions budgétaires drastiques et les emplois, comme les contrats précaires, se multiplient quels que soient les secteurs. Ces 10 dernières années, en lien avec l’augmentation des besoins de prises en charge, l’activité de nos établissements a évolué de 30 %, alors que la progression des emplois a été de 10 % (réduction du temps de travail inclus).
La CGT exige un plan d’urgence « emploi/formation pour remplir nos missions, et résorber le chômage.
L’État doit montrer l’exemple en supprimant, dans la Fonction Publique, les emplois précaires et le temps partiel contraint, avec la titularisation de tous les contractuels.
Sur ces aspects, il doit surtout prendre en compte les spécificités des territoires d’Outre Mer qui sont encore plus impactés par ces questions.
L’éloignement géographique ne doit pas être un prétexte, nous pensons que c’est surtout la non prise en compte de leurs particularités qui est préjudiciable pour apporter les solutions nécessaires à leurs problématiques. Nous notons aussi, ces dernières années, un net recul sur les droits de ces agents, mais aussi des personnels issus de ces territoires qui travaillent en métropole.
L’amélioration des conditions de travail de tous les agents est également un impératif.
Le manque de personnel est une cause majeure des dysfonctionnements dans les services, avec l’augmentation de la charge de travail et l’introduction de nouvelles techniques de management, basées sur la seule rentabilité.
Nos conditions de travail ne cessent de se dégrader.
Beaucoup trop de salarié-es partent en invalidité avant l’âge de la retraite. Nous comptons résister massivement aux attaques récentes du Gouvernement sur les 35 heures, surtout que parallèlement, il y multiplication dans les établissements du recours à 12 H par poste de travail, dispositif qui dégrade considérablement la conciliation possible entre vie familiale, sociale et vie au travail.
 
Nous demandons que l’on agisse pour le « bien travailler » et l’amélioration de nos conditions de travail. C’est un impératif pour la santé des salariés et la qualité du service rendu aux usagers. La reconnaissance de la pénibilité pour nos professions doit être actée, avec la possibilité d’un départ anticipé à la retraite pour tous les salarié-es de la Santé et de l’Action Sociale du Public ou du Privé, qui travaillent dans des conditions difficiles (travail de nuit, port de charges lourdes, produits toxiques…).
Dans la Fonction Publique Hospitalière, nous refusons l’odieux chantage du passage en catégorie A contre la suppression de la retraite à 55 ans pour les infirmières. D’ailleurs, sur ce sujet, nous pensons que la date du 31 mars pour que les agents se positionnent n’est pas tenable. A ce jour, seulement 20 % des professionnels-les ont fait un choix. De plus, les agents n’ont pas en leur possession tous les éléments sur les reclassements proposés et n’ont pas connaissance de l’impact que leur choix aura sur leurs pensions de retraite.
Nous n’avons pas signé ce protocole et, aujourd’hui, nous en constatons les méfaits. De plus, pour l’application de celui-ci, pour les salariés dans le secteur privé, nous sommes encore plus inquiets.
Se rajoute la pression, voire les menaces faites par l’Ordre professionnel aux infirmiers. Nous dénonçons les tentatives d’intimidations faites dans les établissements pour recueillir les coordonnées personnelles des agents.
Nous exigeons aussi la reconnaissance des qualifications et compétences sans condition.
Autre point de discorde, concernant les agents des catégories C qui ne pourront jamais atteindre l’indice terminal, même en fin de carrière. Ainsi que le NES (Nouvel Espace Indiciaire) administratif, la lutte des psychologues pour le temps FIR, les IADES, la psychiatrie, etc.
Le mécontentement des personnels se fait entendre.
Concernant la loi «Hôpital, Patients, Santé, Territoires», fondée sur une logique essentiellement comptable, elle a accéléré le démantèlement de la santé et de l’action sociale : la privatisation s’accélère, ainsi que la diminution de la prise en charge. Les dépenses solidaires sont transférées vers les usagers et les collectivités territoriales. Le déremboursement des prises en charge, comme des médicaments, se poursuit. Pour ceux qui peuvent encore assumer financièrement une mutuelle, leurs tarifs ne cessent d’augmenter.
La plupart des établissements publics, mais aussi privés à but non lucratif, ont des budgets déficitaires.
Certaines directions ont décidé de réduire leur activité et l’emploi avec des plans sociaux.
Partout, les acquis sociaux sont remis en cause comme les 35 heures, le statut de la Fonction Publique, les garanties collectives.
Des regroupements ou restructurations sont en cours sur tout le territoire Français et dans les territoires d’Outre Mer et génèrent des tensions et un climat difficile, car trop souvent les salariés ne sont pas associés aux décisions qui les concernent en tant que professionnels et usagers.
Le dialogue social tant prôné fait défaut.
Le plan de financement de la Sécurité Sociale pour 2011, voté par la majorité parlementaire, implique de nouvelles restrictions budgétaires. Sous la pression du patronat, le gouvernement remet en cause les principes fondateurs du système de santé et de Sécurité Sociale basé sur la solidarité.
La CGT veut un réel débat citoyen sur l’avenir de notre système de santé, social et médico social, du service public, ainsi que sur les moyens nécessaires pour remplir ses missions. Une réforme est nécessaire pour assurer le financement des besoins sociaux et de santé.
La Sécurité Sociale ne souffre pas d’un excès de dépenses, mais d’un manque de recettes nouvelles et d’un mauvais partage des richesses en France et dans les territoires d’Outre Mer.
Pour ce premier CSFPH de l’année, nous sommes réunis pour travailler sur les textes qui concernent les élections professionnelles dans la FPH, CTE et CAP.
A plusieurs reprises, nous avons dénoncé le manque de réunions de concertations sur ce dossier.
En effet, à ce jour nous n’avons pas le texte en version consolidée définitif du CTE (pour les hôpitaux), pas de nouvelles concernant notre courrier signé de manière commune avec d’autres organisations syndicales, qui aborde des propositions d’amendements sur le seuil des représentants de cette instance ? Quels sont les éléments qui ont été transmis au Conseil d’Etat ?
Quand sortira le texte consolidé ?
Et la question des moyens tant financiers qu’humains pour mener à bien ces élections dans les établissements, dans les ARS, au Ministère, ne semblent pour l’instant pas suivre. Nous nous interrogeons particulièrement au vu du travail supplémentaire que cela nous impose à tous.
Depuis plusieurs mois, notre délégation CGT essaye de se faire comprendre pour faire évoluer certains points des textes pour les élections aux CTE. Nous avons le sentiment que le débat s’est transformé d’un « bras de fer » en « bras d’honneur », car au lieu d’aller dans notre sens, vous vous éloignez de nos demandes en durcissant vos propositions, en rendant notamment obligatoire le vote sur sigle dans les établissements sociaux et médico sociaux de moins de 100 agents, proposition rejetée par notre organisation.