Communiqué de presse Projet d’implantation d’une clinique privée de psychiatrie à NANCY

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Rapporté aux 360 lits que comptait le CPN au 31 décembre 2012 (derniers chiffres connus), cela représenterait une perte non-négligeable d’activité pour notre établissement.
 
Sous couvert de réponse « complémentaire » aux besoins des usagers se dessine au contraire une attaque à peine voilée de secteurs d’activité dans lesquels le CPN participait déjà aux prises en charge (plus de 22 000 patients pris en charge annuellement !)
En outre, à l’heure où le Ministère de la Santé déclare vouloir lutter contre les déserts sanitaires, une implantation d’une offre de psychiatrie privée sur NANCY ne répondrait nullement aux préoccupations de la population lorraine.
En effet, quelle offre de santé est mise en œuvre par l’A.R.S. dans la Meuse, par exemple ?
Après avoir diminué notre budget 2013 de 900 000 €, comment analyser la nouvelle réduction par l’A.R.S de la dotation annuelle de financement du CPN à hauteur de 265 000 € par an sur 4 ans ?
Est-ce ainsi que le gouvernement compte réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros ?
 
Les déclarations de l’Agence Régionale de Santé définissant comme priorités la baisse des coûts de la psychiatrie lorraine en 2014 et une amélioration de l’efficience ne sont pas de nature à nous rassurer.
Elles tendent même à nous conforter dans l’idée que cette offre du secteur privé s’inscrira bien en remplacement de l’offre publique CPN !
Lorsque l’on connaît le mode de fonctionnement des cliniques privées (environ 3 fois moins de soignants au chevet du patient que dans un établissement public), on se doute que l’économie recherchée par l’A.R.S se fera sur le dos des personnels de la Fonction Publique Hospitalière.
Par conséquent, une réduction d’1/3 de nos lits serait à craindre, assortie selon toute vraisemblance, d’un réajustement des effectifs au sein du CPN.
Par simple arithmétique (ratio ETP / lit), la CGT évalue cette réduction à environ 300 postes !

 
Localement, la CGT n’a eu de cesse d’interpeller au fil des ans la Direction et l’Agence Régionale de Santé sur le manque d’effectifs dans notre hôpital, sur la violence, … .
C’est pourquoi, nous dénonçons la faillite organisée de l’hôpital public qui ne peut qu’aboutir à ce genre de tentative grossière de présenter le privé comme le remède à tous les maux.
Si l’offre de soins doit être améliorée, ce n’est pas en réduisant les moyens alloués à l’hôpital public mais bien au contraire en les renforçant !

Le privé « triera » les patients pour ne conserver que les cas les plus « rentables » et laissera à l’hôpital public les cas les plus lourds à traiter, les patients nécessitant des hospitalisations longues et complexes, ….
C’est déjà le cas en MCO et nos collègues des CHU vivent déjà ces situations !
 
Le projet d’implantation d’une clinique privée sur NANCY va faire peser des risques sur l’emploi dans une région déjà sinistrée et accentuera encore plus le phénomène de médecine à 2 vitesses.
 
C’est pourquoi, la CGT du CPN a d’ores et déjà contacté les élus locaux et les représentants syndicaux siégeant à l’A.R.S. pour que chacun puisse se prononcer en connaissance de cause le 18 mars prochain !
 
Pour notre organisation syndicale, il est urgent que l’on replace l’humain au cœur de la psychiatrie et que l’on sorte d’une logique libérale visant à ne présenter la santé que comme un coût à réduire !
 
S’inscrivant dans le mot d’ordre général de grève nationale du 18 mars à l’appel de la CGT – FO et SUD, la CGT du CPN a déposé un préavis de grève local et appelle à la mobilisation :

  • La CGT invite les personnels dans ses locaux de 9 h 00 à 12 h 00 afin de rédiger une motion à l’adresse de la Direction et de l’Agence Régionale de Santé,
  • La CGT propose un rassemblement devant l’A.R.S. (Immeuble Thiers) à NANCY de 13 h 30 à 14 h 30 pour y déposer nos revendications,
  • La CGT propose de manifester dans les rues de NANCY (aux côtés des organisations syndicales FO – UNSA – SOLIDAIRES) – départ à 14 h 30 de la Place Dombasle.