Actualité sociale Luttes d’hier et d’ajourd’hui

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Depuis quelques semaines maintenant, l’actualité médiatique est tournée sur la dégradation du climat social et un traitement tout particulier est fait à l’action syndicale contre la loi Travail.
En ligne de mire, la CGT, 1ère organisation syndicale de France, est accusée de terrorisme social par le patron du MEDEF, soupçonnée par le PS d’encourager les violences, taxée par le 1er Ministre d’être un syndicat irresponsable empêchant par ses blocages la reprise économique qui s’amorce (laquelle ?)

Nous condamnons fermement cet acharnement et ce travestissement de la réalité.


La dégradation du climat social dans notre pays n’incombe pas à la CGT mais relève de l’entière responsabilité du gouvernement qui est bien loin d’avoir tenu les promesses du candidat HOLLANDE (rappelez-vous : baisse du chômage, croissance, lutte contre le capitalisme, retraite à 60 ans, …) et qui en plus passe en force des réformes ultralibérales que la droite de SARKOZY peine à renier.
Face à cet interlocuteur soi-disant socialiste et vertueux, comment se positionner lorsqu’on est une organisation syndicale représentative des salariés ? Là est la vraie question !

2 fronts s’opposent entre les syndicats dits « réformistes » (ex : CFDT, CFTC, CFE – CGC) et les syndicats « contestataires » (ex : CGT, FO, SUD, …)
Pour les 1ers, les réformes proposées par le gouvernement socialiste sont depuis 2012 soutenues et retravaillées si besoin avec les ministres en charge des dossiers sur certains points d’achoppement.
 
Pour les seconds, les réformes sont certes nécessaires mais les propositions du gouvernement vont dans un sens contraire aux intérêts des salariés à un tel point que le dialogue devient impossible tant les divergences sont profondes. Il y a donc mise en place d’un certain nombre d’actions constitutionnelles à disposition des syndicats comme le droit de grève, les manifestations, les pétitions, …et parfois des blocages.
L’objectif est de peser sur le gouvernement pour que la copie soit revue et qu’un retour à la table des négociations se fasse sur d’autres bases.
Rappelons que la CGT avait formulé plusieurs propositions pour un code du travail du 21ème siècle et que le gouvernement a sciemment fait le choix de se ranger du côté du patronat en déclinant les dispositions contestées de la loi Travail.
 
La CGT du CPN tient donc à rappeler aux salariés que dans notre pays, les avancées sociales ont toujours été acquises de dure lutte !
Les gouvernements de gauche ou de droite n’ont jamais rien donné sans être mis sous la pression et sous le rapport de force. Il en va de même dans les entreprises !

Posons-nous la question aujourd’hui en tant que salarié de ce que nous attendons d’une organisation syndicale.
Doit-elle accompagner des réformes qui vont clairement contre l’intérêt des salariés ou dit-elle au contraire s’opposer, construire les mobilisations pour conserver nos acquis sociaux ou conquérir de nouveaux droits ?

Pour mémoire, les syndicats réformistes qui auraient selon les médias la préférence du gouvernement et de la population, ce sont :
la réforme des retraites de 2003 qui a fait passer la durée de cotisation des fonctionnaires de 37,5 ans à 40 ans avec une augmentation progressive jusqu’à 42 ans,

  • la signature de l’accord PPCR qui sous couvert de faibles revalorisations va entraîner un allongement des carrières du fait de la suppression de l’avancement réduit,
  • le soutien à la loi Santé et aux futurs GHT,
  • avec la loi Travail, les heures supplémentaires majorées de 10% seulement au lieu de 25 %, et votre temps de travail réduit ou augmenté en fonction de la demande de l’employeur, ….
La CGT invite les agents du public comme du privé à bien analyser les risques et les enjeux de s’orienter dans un syndicalisme qui reléguerait vos représentants à de simples partenaires sociaux avec qui le gouvernement cogérerait la crise et utiliserait comme caution pour faire passer d’autres reculs sociaux.