La saga RPS Clap de fin

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Les masques sont tombés suite à un CHSCT extraordinaire récent sur un CMP Enfants et Adolescents, où étaient dénoncées des souffrances de l'équipe dues à des surcharges de travail, des locaux inadaptés, une perte de sens au travail, un manque de temps médical, de l'absentéisme…
Ces constats de terrain malheureusement non spécifiques à ce service se sont pourtant vus balayés d'un revers de main par notre bienveillante Direction.
Face à l’attitude méprisante de la Direction du CPN, la CARSAT présente à cette instance, a annoncé se retirer du processus de formation en soulignant qu’ils n’avaient jamais rencontré cela au cours de leur carrière. Folle ambiance … !

Depuis une vingtaine d'années, une nouvelle caste de directeurs s’est bien adaptée au libéralisme. Présente dans tous les secteurs, public ou privé, elle peut passer de l'un à l'autre sans difficultés.
Ils font fonctionner le service public comme une entreprise : réduction des coûts, forte hiérarchisation du travail, transfert aux marchés privés de tout ce qui peut payer. Seule la rentabilité immédiate est recherchée. Ceci est bien sûr contraire à l'intérêt général mais peu leur importe !
Tout ceci mène à la fermeture de lits, de services, d’hôpitaux et à la précarisation des agents.
Pour y parvenir, ces directeurs s'appuient sur la culpabilisation, tout est de la faute personnelle des agents : manque d'adaptabilité, …. Il faut que ceux-ci travaillent sur leur stress, leurs émotions pour devenir résilients,… !!!

La santé et l'action sociale sont pourtant les secteurs d'activité les plus touchés par les RPS et les suicides.
A force de toujours vouloir faire plus avec moins, de serrer les budgets, de rationaliser les tâches, de recruter des salariés non expérimentés et non accompagnés, « faisant fonction de », de nager dans un flou organisationnel faute de temps, …, tout cela aboutit à des dysfonctionnements. Ceux-ci provoquent des départs ou parfois des rapports de force.
Aujourd'hui, il est évident que les vocations ne suffisent plus.
Les infirmiers quittent le métier au bout de 5 ans, les étudiants sont de plus en plus nombreux à quitter la formation en cours de route.
Le mal-être se traduit par des problèmes de santé, de l'absentéisme, qui engendrent un manque de personnel, qui engendre des remplacements à n'en plus finir, qui engendre une perte de sens au travail… Le cercle vicieux !
Pourtant même si la santé a un coût, elle n'a pas de prix… Dommage que ce ne soit pas la vision partagée par tous.

Nos minces espoirs d'amélioration de prise en charge des RPS s'envolent avec l'abandon de la CARSAT, et ce alors même que notre hôpital est au bord du gouffre.
Dorénavant, il ne reste que la lutte et le rapport de force avec la CGT pour inverser cette gouvernance destructrice pour notre modèle social ! Et croyez-nous, nous serons là !!!