Clinique privée de psychiatrie à TOUL Permis de construire accordé

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C’était le 7 mars 2014 et la CGT du CPN informait population et agents du projet de création en Meurthe et Moselle d’une clinique privée de psychiatrie de 100 à 120 lits.
 
La CGT n’aura cessé depuis d’alerter et de mobiliser face aux dangers qui s’annonçaient : 

  • médecine à 2 vitesses avec sélection des patients pour le privé et renvoi vers le public des patients les plus précaires ou de ceux à prise en charge complexes,
  • poursuite de la baisse des budgets alloués par l’Agence Régionale de Santé au CPN avec en ligne de fond son cortège de départs de professionnels non-remplacés, de suppressions de postes et de lits,
Si le projet meurthe-et-mosellan semblait marquer un coup d’arrêt (doublé entre temps par un autre projet de clinique privée en Moselle), la preuve en est aujourd’hui qu’il n’en est rien !
 
Depuis mi-mars 2018, nous y sommes officiellement, la naissance d’un nouveau bébé du capitalisme qui va se nourrir sur le sein de la Sécurité Sociale est annoncée !!!
Il y a fort à parier que la clinique ouvrira ses portes d’ici un an ou deux maximum !
 
Les Directeurs des hôpitaux psy de notre belle région seront sûrement comblés de joie, particulièrement au CPN qui est en quelque sorte un peu le papa de l’enfant.
En effet, l’Agence Régionale de Santé nous avait bien précisé que ce projet de clinique privée de psychiatrie ne devait pas générer d’inquiétude et que tout se faisait en associant étroitement Directeurs, Présidente de CME et certains chefs de pôle.
Il y a encore un mois, la Direction prétendait pourtant ne pas connaitre la date de l’accouchement de leur bébé !?
La CGT leur annonce ainsi ce jour, les en félicite et leur souhaite de pouvoir le voir grandir en dévorant ce qu’ils viennent de lui donner à manger : le service public de psychiatrie !
 
En réexaminant de près certaines décisions de réorganiser l’offre de soins au CPN, on pourrait presque se demander si tout n’a pas été mis en œuvre pour offrir sur un plateau la nécessaire activité pour faire grandir cette belle structure lucrative.
 
Les choix politiques tant de l’ARS que de notre Direction entérinent la casse de la psychiatrie publique à qui on ne donne pas les moyens pour travailler tout en lui reprochant ensuite son manque de réactivité dans certains secteurs (pédopsy, ….)
 
Après avoir fait subir un régime sec à notre hôpital, fermé 150 lits en 10 ans, mis en place des projets de restructuration pour dégraisser l’offre de soin, notre direction l’entraine de fait vers le déficit pour ouvrir un boulevard à cette clinique privée qui sera ainsi présentée comme salvatrice !
L’ARS quant à elle continue à mettre le CPN en déficit et à nous reprendre des crédits chaque année (850 000 € par an sur 10 ans)
 
Au niveau du gouvernement, malgré les belles paroles de notre Président de la République sur le fait de ne pas toucher à l’Hôpital Public, la réalité est toute autre :
–       une circulaire ministérielle rappelle que les établissements de santé devront faire 960 millions d’euros d’économies en 2018
–       le ministère vient d’annoncer son plan 2018-2022 dans lequel il demande une économie de 1,2 milliard d’euros sur la masse salariale des hôpitaux publics.
 
Aux côtés de la CGT, soyons le plus nombreux possible le 22 mai prochain pour préserver notre service public et empêcher le gouvernement de le brader aux grands groupes issus de la finance ! L’hôpital n’est pas une marchandise !