
Présents pour les syndicats : Jacques BRIMONT (CGT) / Anthony CATANIA (FO)
Quorum atteint. Présence de Mme Lupo en qualité de présidente du conseil de surveillance
Approbation du PV du 18/12/2025 : A l’unanimité
Lecture d’une motion CGT (à retrouver sur www.lacgtducpn.com )
Les réactions après lecture de cette motion en révèlent toute sa pertinence.
La Directrice générale, Mme Roth, revient sur le point concernant l’accréditation pour minimiser l’impact que cela a eu sur les équipes. Pour ce faire, elle insiste sur le fait que le retrait des bijoux et la tenue générale imposée aux agents répondent uniquement à des injonctions futiles mais obligatoires de la Haute Autorité de Santé (HAS). Mme la Directrice en profite pour dénoncer un soi-disant acharnement de la CGT à l’égard des cadres du CPN. Ces derniers auraient été en effet selon elle « victimes des directives HAS » qui portent à sourire.
La CGT précise que cette motion n’est pas une attaque contre les cadres mais vise à dénoncer ce que cette accréditation met en lumière : l’acceptation sans retenue de concepts idiots, simplistes et futiles, démontre qu’il serait bien aisé de faire passer dans les consciences d’autres idées plus dangereuses pour notre hôpital ! Un parallèle est fait avec ce qu’il se passe dans notre pays depuis quelques années avec un virage bien complaisant envers une politique générale qui tend à se fasciser.
Cette élévation dans les débats ne semble pas satisfaire l’assemblée réunie mais permettra toutefois quelques interactions aussi intéressantes qu’inhabituelles …
Mme la présidente se demande quels sont les retours de ceux qui ont participé à cette accréditation : la CGT explique que les équipes sont d’une part, soulagées que cela soit terminé et d’autre part, n’attendent absolument rien en retour. Cela se comprend tant le fossé est grand entre ce que cette accréditation a demandé à l’hôpital et la triste réalité du terrain : manque de lits suite aux suppressions massives ces dernières années, manque de places et délais d’attente en CMP suite à la fermeture de plusieurs structures de proximité, échec relatif des services « novateurs » avec leurs conséquences sur la carence en offre de soin, prises en charge complexes qui se multiplient et démontrent les manques dans le Projet Territorial de Santé Mentale (PTSM), …
A ce sujet la présidente répondra que la psychiatrie a toujours été le parent pauvre de la santé et qu’aucun indicateur ne semble présager d’un changement pour le moment : finalement arrêtez donc de vous plaindre, c’est comme ça et puis c’est tout !? Est-ce ce qu’il faut comprendre ?
Politique de réduction de l’isolement et contention (Présentée par le Dr Laruelle)
Peu d’indicateurs pour le moment, volonté exprimée de réduire au maximum ces prises en charges traumatisantes pour le patient et certains soignants.
Pour la CGT, la réalité du terrain percute cette volonté d’amélioration des prises en charges par le manque de moyens humains, une violence sociale et une aggravation de certains symptômes qui s’expliquent par une carence généralisée de l’offre de soin.
La volonté va dans le bon sens, il ne reste plus qu’à donner à l’hôpital les moyens de la mettre en application !
Vote : Pour à l’unanimité.
Adhésion au GCSMS* « un chez soi d’abord »
Point présenté par M. Kubot.
(*GSCSM : groupement de coopération sanitaire et médicosociale)
Ce groupement vise à établir un cadre juridique entre différents partenaires (CPN, AEIM, ARELIA ? Association Ars, Espoir 54, IME St Camille et UDAF), préalable requis avant de pouvoir déposer un dossier auprès de l’Agence Régionale de Santé et la DDETS pour proposer des solutions d’hébergement et de soins pour des patients à la fois isolés socialement, parfois sans domicile et qui souffrent de pathologie mentale.
Ce dispositif existe déjà depuis des années dans d’autres villes telles que Lille, Lyon, Paris, Marseille.
Il met à disposition des locaux pour accueillir et loger des personnes en rupture de soins, mis au ban de la société, qui cumulent le mal logement, des problèmes de santé psychique et parfois d’addiction.
L’idée sur Nancy est de créer 55 places, pour un besoin au moins trois fois plus important.
Le dispositif fonctionnerait en collaboration avec l’EMPP (équipe mobile psychiatrie précarité) et serait composé de 6 à 7 ETP mis à disposition : 1 infirmier, 1 professionnel addicto, 0,2 médecin, 2 à 3 travailleurs sociaux.
La CGT ne remet pas en cause cette idée qui pourrait apporter des solutions à ces patients. Car oui il s’agit bien de personnes qui souffrent psychiquement et qui se retrouvent en marge de la société.
Pour autant, la CGT s’étonne de la gravité de la situation évoquée alors que les orientations politiques et de soins imposées auparavant ne devaient laisser personne sur le bord du chemin ! Cela a été maintes fois rabâché par notre ancien Directeur des Soins, éminent ambassadeur du PTSM (Projet Territorial de Santé Mentale), porte-parole des grandes avancées du soin en psychiatrie : les concepts de l’hôpital sans lit, du virage ambulatoire, des prises en charges rapides et efficaces à grand renfort de thérapies novatrices, …, c’est à lui qu’on les doit en partie.
La CGT, lanceuse d’alerte pendant des années sur les conséquences que ces concepts allaient avoir sur la population, n’a jamais été autorisée à participer à ces réunions PTSM. Cela aurait sans doute permis d’en réduire les dégâts. Cet ambassadeur est parti en retraite et laisse comme prévu un champ de ruines. Il peut pour autant profiter de la vie, personne ne viendra lui demander de compte sur ce qu’il a participé à créer : davantage de discrimination, de casse et de misère sociale.
Le travail à réaliser ici est indispensable, l’équipe à constituer semble en l’état assez peu dimensionnée compte tenu de l’état actuel de l’EMPP sur le CPN notamment.
Du point de vue des locaux à trouver pour prendre en charge ces usagers, la CGT rappelle aussi qu’à l’époque, elle s’était opposée fermement à la vente des CPM Foch et Médreville bradés au secteur libéral, grand ami de notre ancien directeur. Ces structures auraient permis d’apporter un hébergement adapté …
Malgré cela, la CGT propose d’étudier la réhabilitation des services Hardeval pour localiser ce « chez soi d’abord ». A ce sujet, la directrice trouve que cela donnerait une mauvaise image concernant ces patients déjà à la marge de la société. En effet, les héberger sur le haut du site de l’hôpital les mettrait à l’écart de la ville et accentuerait encore leur marginalité. En l’état actuel de l’immobilier sur l’agglomération, cette solution certes pas idéale pourrait cependant apporter une amélioration des conditions de vie de ces personnes en souffrance. A noter : le point de vue CGT est soutenu par le Dr Tannenbaum (représentant de la Mairie de NANCY) probablement sans calcul stratégique de sa part, pour un représentant qui soutient la mise en place en centre-ville de structures uniquement libérales …
Vote : abstention de la CGT.
Point comité éthique :
Persistance d’un siège vacant. Il est noté qu’il semble plus difficile à être occupé du fait des tensions sur le personnel. Le travail en lui-même se réalise malgré tout avec toujours autant d’envie pour celles et ceux qui peuvent y participer.
Questions diverses :
La CGT pose la question sur la prise en charge des soins concernant les patients accueillis par la PASS PSY.
Les usagers de ces structures sont parfois des personnes sans-abris, sans papiers, et donc sans prise en charge par la Sécurité Sociale. Ces personnes au regard de leur situation sanitaire ont souvent besoin de soins somatiques et d’examens de type analyses sanguines, radios pulmonaires, …
En ce qui concerne ces examens, il n’existe pas de possibilité de les réaliser sur le CPN, encore moins sur des laboratoires libéraux du fait de la situation sociale de ces usagers. Ces derniers se retrouvent alors bien seuls une nouvelle fois. Un partenariat avec la PASS du CHRU de NANCY a été réalisé quelques fois mais de façon non-pérenne (une sorte d’arrangement ponctuel). Il y aurait donc un travail à mener et à consolider ….
Ce point soulevé par la CGT va permettre d’élever les débats une fois encore, comme dans une certaine forme de continuité autour de l’offre de soins, particulièrement auprès des plus démunis.
Plusieurs membres du conseil de surveillance trouvent ce point digne d’intérêt, et demandent à Mr Kubot, responsable des conventions et coopérations, de se mettre au travail pour trouver des solutions avec le CHRU de NANCY.
Un point d’étape doit être débattu au prochain conseil de surveillance dans 3 mois.


