F3SCT extraordinaire du 13 février 2026 Le compte-rendu CGT

3

Accident de travail du 10 février 2026 au bâtiment Administration A :

Présentation chronologique depuis la chute sur un agent d’un grand radiateur mural dans un des bureaux du bâtiment Administration A jusqu’à la réorganisation provisoire des bureaux dans l’après-midi (appel secours, évacuation de la victime et personnes prévenues).

A ce jour, il nous est indiqué par la Direction que la victime semble souffrir de contusions et de douleurs à la hanche et au genou, a priori sans conséquence physique majeure.

L’ingénieur, M Marchal, présente la maintenance effectuée sur les radiateurs : la dernière dépose date de 2014, aucune fiche technique n’est disponible. Les vérifications des fixations datent d’avril 2023, avril 2024 et mars 2025. Le radiateur qui a chuté ne montre pas de fuite apparente, les fixations utilisées semblent adaptées, et aucune demande d’intervention n’a été faite cet hiver. Les contrôles de fixation sont habituellement effectués de visu et en fonction de la disposition des locaux. Rien n’explique que la patte de scellement ait plié.

Les interventions suite à cet accident ont consisté à poser des « ceintures de sécurité » autour des radiateurs pour éviter tout nouveau basculement des appareils.

La CGT demande ce qu’il en est réellement de la purge des radiateurs, question balayée puisque sans aucun rapport d’après M Marchal. Un recensement des appareils du même type est en cours sur l’hôpital, la CGT précise que certains ont été oubliés (ex : pharmacie).

De plus, la CGT demande à ce que la collègue victime de cet accident soit accompagnée au mieux dans sa reprise et que ses éventuels besoins de travailler dans un autre bureau ou à distance soient entendus. Idem pour les autres collègues du service qui en éprouveraient le besoin.

La Direction répond que cela sera évoqué avec elle à son retour.

La CGT rappelle aussi l’absence de sortie de secours sur ce bâtiment, l’absence de conformité quant à l’accessibilité de l’étage.

La Direction précise qu’en effet, ce bâtiment est sous régime dérogatoire, il n’est pas soumis à obligation. Si la victime a été évacuée par bras élévateur du camion des pompiers, c’était pour lui éviter d’être davantage malmenée lors du transport et sur avis médical …

Tensions autour des effectifs / prises en charge + EIGS à l’unité B :

Ce point a été demandé par la CGT lors du CSE du 10 février.

Une synthèse rédigée par la Directrice des soins par intérim nous a été remise, rappelant le contexte (hausse des ENNOV, montée en tension, patiente complexe hospitalisée depuis 2 ans), les effectifs sont jugés insuffisants.

De plus, un patient admis en chambre d’isolement à la sortie d’une prise en charge sur le service EPIC, s’est suicidé dans la nuit du 7 février 2026. La Direction s’est rendue sur place et a pu mesurer la gravité de la situation, la difficulté dans laquelle se trouve l’équipe de l’unité B. Ce que la CGT fait remonter depuis déjà trop longtemps a pu être enfin entendu … !

Des mesures sont mises en place :

  • renfort ponctuel des effectifs par pôle suppléance et HUBLO, en attendant la pérennisation des effectifs (5/5/3 au lieu de 4/4/2),
  • intervention du Pr Hingray pour évaluer l’état médical de la patiente, des hypothèses diagnostic et sa prise en charge pluridisciplinaire (neuro / psychiatrie),
  • une ASH (CPN) sera recrutée et dédiée à cette unité, avec dotation de matériel de ménage adapté.

D’autres propositions sont faites : intervention d’un éducateur spécialisé, matériel de protection supplémentaire, ….

La Direction précise que toutes les propositions énoncées par l’équipe seront entendues, leurs besoins seront pris en compte !

La CGT relate les conditions de travail extrêmement compliquées, la difficulté à prendre en charge la patiente depuis 2 ans avec une errance diagnostic, ses comportements agressifs, son rapport à ses excréments (nécessitant un temps de remise au propre conséquent, qui n’est pas attribué aux soins psychiques), ses conditions d’hospitalisation (essentiellement en chambre PSI) et le sentiment d’échec de l’équipe face à la souffrance de cette jeune femme. La Direction est à l’écoute de ce qui est rapporté tant dans le manque de moyens humains et matériels, que dans la majoration des risques psycho sociaux.

Concernant le point spécifique du suicide, la Direction précise que l’ARS ne nous juge « pas trop bons » dans la déclaration des EIGS (Evènements Indésirables Graves associés aux Soins). Le premier volet qui doit être transmis dans les 48h peut être rempli par n’importe quel agent présent, le deuxième volet (à transmettre dans les 3 mois) consiste en un rapport détaillé.

Plusieurs pistes de réflexion sont envisagées : nécessité d’un protocole de gestion de la crise suicidaire (sur l’établissement et spécifique à chaque unité de soins), réflexion sur les différents types de « pyjamas anti-suicide », vidéosurveillance, révision des gonds de salle de bain. Le problème des gonds avait été repéré dès 2012 lors de la construction des chambres d’isolement mais à ce moment aucune charnière capable de supporter le poids de la porte n’existait. Un prototype interne a été mis en place (dispositif en bois).

La CGT réitère la nécessité d’une procédure de prise en charge du traumatisme pour les agents victimes (agression, suicide…) afin que les démarches administratives et/ou de soin soient rapidement déployées (reconnaissance systématique de l’imputabilité au service : CITIS, prise en charge psychologique, protection fonctionnelle, mise en repos…)

La CGT ajoute que l’équipe d’EPIC mérite aussi toute l’attention puisqu’ils avaient accueilli le patient suicidé ….